Début d'histoire dans le style de Stephen King

J'avais lu quelques bouquins d elui à l'époque et forcement, j'étais influencée.

Un couloir lugubre éclairé par une seule ampoule accrochée à un fil...Et dans ce couloir, une longue rangée de portes aux peintures écorchées semblait s'étendre éternellement. Sur celles-ci, on distinguait des numéros à moitié effacés. Le bâtiment paraissait abandonné. Des toiles d'araignée s'accrochaient un peu partout. Des rats parcouraient le couloir. L'atmosphère y était étouffante comme si des choses affreuses s'étaient déroulées ici et que les fantômes de ces instants existaient encore. Un craquement, un courant d'air... Le vent entrait par l'une des nombreuses fenêtres brisées. Soudain un sanglot rompit ce demi-silence. Il provenait de la porte 1021. sous l'effet du vent, la porte s'ouvrit laissant apparaître une cellule aux murs capitonnés. Mais elle était en ruine. La poussière envahissait le moindre espace, les tissus des murs avaient été déchiquetés pour abriter les rongeurs du bâtiment. La pièce était meublée de façon spartiate : un ensemble table et tabouret sur lequel se trouvait une sorte de machine étrange et un lit. Tout cela bien sur caché sous sa couverture de poussière. Et sur le lit : une enfant. Ou plutôt une petite fille d'à peu prés 10 ans, sale comme un pou, les cheveux décoiffés, vêtu de guenilles, qui sanglotait, son visage caché dans ses mains aux ongles sales. Elle ne savait plus depuis combien de temps elle était là. Très longtemps en tout cas. Et elle était seule. Tout le monde était parti ou mort. Pourquoi ? Elle ne s'en souvenait plus. Dans les autres cellules se trouvaient des enfants tout comme elle qui subissait des tests. Mais ils étaient tous morts. Elle se souvenait de cette odeur éc½urante qui avait envahi le couloir lorsque les corps avaient commencé à se putréfier. Une odeur horrible qui vous laissez dans la bouche un goût pâteux et vous donnez la nausée. Puis elle était passée. Les autres maintenant étaient en poussière. Comment avait-elle survie si longtemps, sans nourriture, ni eau ? Sa mémoire avait semble t-il préférée oublier ses instants. Elle se leva et fit un pas. Elle sortit de sa cellule et emprunta le couloir. Le temps semblait s'être arrêté comme si toutes les choses qui composaient l'univers avaient stoppé leur course et regardaient la petite fille sortir de cet endroit sans nom d'où jamais personne ne sortait et d'où elle n'aurait jamais dû sortir. Le soleil lorsqu'elle fut sortie, l'aveugla. Puis elle reprit peu à peu conscience de tout ce qui l'entourait : le bâtiment désaffecté couvert de tags, les morceaux de voiture qui traînaient de ci, de là et de la route qui menait droit devant dans un désert vide de vies si ce n'est celles des reptiles. Cette route semblait sans fin et l'on aurait sans peine pu croire qu'elle menait dans un monde irréel. Il était bientôt midi. Le soleil se faisait écrasant et la jeune fille commença sa marche. Au bout de 10 km, elle était en nage, ses longs cheveux noirs lui collaient au visage et elle avançait péniblement. Pas un coin d'ombre et pas une seule personne rencontrait depuis le début. Ses seuls compagnons étaient les serpents et les cactus. Ses pas se faisaient de plus en plus lourds. Il était un peu moins de 15h00. alors qu'elle passait à côté d'un énorme rocher, ses genoux se dérobèrent et elle se retrouva le visage collé contre le sable brûlant. Le cailloux lui faisait un peu d'ombre et elle s'accola tout contre. 2 heures passèrent. Elle avait soif et s'était rendu compte qu'elle ne pouvait plus se relever. Elle regarda le ciel d'un bleu si pur, sans nuage pour le troubler et elle s'endormit. Elle se réveilla vers 20h00, le soir venait juste de tomber et il commençait à faire froid. Elle comprit alors que c'était ce qui allait la tuer. Mais elle était sereine, elle décida d'affronter la mort, de ne pas avoir peur. Elle s'endormit de nouveau. Soudain des dizaines de serpents sortirent des alentours. Leurs yeux rouges étaient cerclés d'or. Ils s'approchèrent de l'enfant et la couvrirent de leurs corps. Enfin elle fut complètement recouverte de cette étrange couverture composée de plus d'une cinquantaine de serpents. Ils y restèrent toute le nuit, la protégeant du froid. Lorsque la jeune fille se réveilla, elle crut être morte. En effet elle ne voyait que ténèbres.
« Est-ce ça la mort ? Des ténèbres éternelles ? Ni réponses, ni solutions ? »
Et les ténèbres bougèrent. Les serpents quittaient son corps. Elle n'eut pas peur. Elle se mit péniblement debout et continua d'avancer. La soif était intolérable. Sa langue lui donnait l'impression d'être un énorme morceaux de carton et la tête lui tournait comme si une forte fièvre lui obscurcissait l'esprit. . elle tomba. Cette fois ce fut les lynx et autres pumas qui l'aidèrent. Ils la mirent sur leur dos et avancèrent. Au bout d'une vingtaine de kilomètre, ils la déposèrent sur le sol et partirent. Elle était à nouveau seule et la soif s'intensifiait de minutes en minutes. Soudain elle aperçut un nuage de poussière dans le lointain. Ça s'approchait à vitesse constant et un reflet rouge l'éblouit. C'était une vieille camionnette rouge qui avançait tant bien que mal dans ce désert ou la route se confondait avec le reste du paysage. La voiture s'arrêta juste devant elle. Un homme d'une quarantaine d'années vêtu d'une salopette en jean sale et d'une steton poussiéreux en sorti. Il s'exclama :
« oh mon dieu ! » en voyant la jeune fille. Celle-ci lui répondit :
« dieu n'est pour rien dans tout cela » et ce fut les ténèbres.

De l'autre côté du pays, Daniel, un jeune étudiant se réveilla en sursaut. Encore le même cauchemar. C'était pareil toutes les nuits mais cette fois... il se promenait dans une pièce totalement sombre et il avançait, suivant une lumière qui le guidait plus profondément dans l'obscurité. La lumière se faisait de plus en plus vive. Elle l'aveuglait bientôt. Il eut juste le temps d'apercevoir la salle. Elle était jonchée à divers états de putréfaction. Ils avaient la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés comme si la cause de leur mort était une terrible peur. Puis l'obscurité à nouveaux . aveugle, il avançait, essayant tant bien que mal de garder l'équilibre. Soudain il fit chaud. Un souffle frais vint lui caresser le visage. Un frôlement ... puis une voix féminine s'éleva dans le silence :
« elle s'est réveillée. Tremblez pauvres humains, votre fin est proche. C'est la mal, le mal absolu. Il n'existe plus de rédemption.
Un silence puis elle reprit plus faiblement :
_ Gargareth, tu es l'un des élus. Tu portes le pouvoir. Sauve-les, sauve-nous... »
soudain un éclair rouge accompagné d'un vent glacial le balaya et il se mit à crier.

Cela se passait toujours comme ça. Et il se réveillait toujours à ce moment là. Jamais il ne pouvait voir le visage de cet espèce d'agresseur monstrueux mais il n'était pas si sur de la vouloir car il savait intuitivement que c'était lui qui avait tué les gens dans la salle.
Il se leva pour aller boire un verre d'eau et ouvrit la fenêtre. L'atmosphère était lourde, moite, presque éc½urante, elle s'imiçait à travers tous les pores de sa peau comme un bain de chaleur. Il la referma aussitôt. Soudain il aperçut tout en bas, une longue voiture noire qui stationnait. Appuyé d'un bras sur le capot, dans une posture nonchalante, un homme tout de noir vêtu l'observait. Daniel eut la subite impression que cet homme avait un rapport avec ses rêves. Au moment où il faisait cette étrange constatation, l'inconnu lui sourit d'une façon carnassière puis il reprit sa voiture et partit. Elle filait sur la route pareil à un corbillard silencieux renfermant ces secrets morbides. Daniel se rassit sur son lit et jeta un coup d'½il au réveil.3h00. il ne pourrait plus dormir. Il alluma la télé et regarda les infos. Un présentateur à l'air hagard racontait l'étrange histoire d'une fillette trouvait dans le désert. Il zappa.

L'homme qui avait retrouvé la petite fille s'appelait Randall James. C'était un fermier né au Colorado. Lorsqu'il avait aperçu la petite fille, il avait cru à une apparition. Elle était maigre, ses vêtements étaient presques inexistants et sa voix grâve l'avait surpris quand elle avait dit ces derniers mots avant de s'évanouir. Il l'avait conduite à l'hôpital et là le mystère s'était epaissi. Les médecins n'y comprenaient plus rien. Comment une jeune fille avait pu rester un an sans manger, ni boire et traverser le desert, ce lieu de perdition. Randall était intrigué par cette jeune fille aux cheveux ébène, à la peau plus blanche que neige et aux yeux verts profonds où l'on discerner une lueur étrange, il décida de la garder. Lui et sa femme Jenny n'avait pas pu avoir d'enfant et elle serait celui qu'il n'avait jamais eu. Ele était dans un coma profond d'où personne ne pouvait la tirer mais il était semble t'il troublé par des songes empoissonés. Bien des fois, il avait entendu des mots chuchotés dans une langue étrange d'où émanait une force glaciale qui vous refroidissait le c½ur. A chaque fois qu'il la regardait dans les yeux qu'elle gardait ouverts, il ne pouvait se retenir de frissonner. Soudain elle cria d'une voix grave comme si elle était possédée :
« tu es si faible, élu !Ce sera un véritable plaisir de te tuer . »
Puis elle fut prise de tremblements. Ça en était impressionnant. On aurait dit qu'un géant invisible la soulever par le col de sa chemise et la secouait de toutes ses forces. Les médecins arrivèrent au galop mais leurs remèdes étaient inefficaces. Au bout d'une demi heure, les spasmes cessèrent. Soudain elle se redressa. Avec ses cheveux emmêlés et ses yeux hagards, elle ressemblait à un mort vivant tout juste sorti de sa tombe. D'une voix fêlée, enrouée, elle demanda :
« où suis je ?j'ai si soif.... »
Les médecins ne parlaient pas, la regardant d'un air si éberlué qu'on aurait cru qu'un farfadet venait de leur parler.
Randall réagit aussitôt répondant à ses interrogations et désirs. Une fois, en reprenant le verre d'eau, samain avait frolé celle de la jeune fille et une sensation de froid l'avait envahi. Les tênebres avaient touchés son c½ur laissant un arrière gout de chaos, de mort et de destruction. Il avait reculé d'un bond mais il avait fallu plusieurs heures pour que la sensation dusparaisse. La jeune fille allait mieux, on l'avait lavé, coiffé et seule son extreme maigreur rappelait les évènements précedents... mais elle ne parlait pas. Randall commençait à se demander si son cerveau n'avait pas été touché. Elle resta un mois à l'hopital, reprenant des forces sous le regard couvant de randall à qui avait été confié la garde.
Pendant ce temps, les rêves de Daniel devenait de plus en plus précis, sombres et horribles, apparaissant à n'importe quel moment de la journée.Randall ramena enfin la fillette chez lui, sa femme Jenny avait préparé sa chambre malgré sa faiblesse ainsi qu'un dîner consistant typiquement texan. La fillette marchait comme une automate, ne mangeait pas beaucoup et surtout ne parlait toujours pas. Après le repas, Jenny la conduisit à sa chambre. L'escalier qui menait au premier étage était étroit. Ses marches en chêne craquait et on pouvait sans peine pensait que l'escalier allait bientôt s'écrouler. Le couloir était sombre, Jenny prit la main de la fillette et la mena devant une porte qu'elle ouvrit. La pièce était plongée dans la pénombre et une odeur de renfermé s'échappait par la porte ouverte accompagnée d'une odeur de mort. Jenny lui expliqua qu'elle provenait de rats morts. Elle éclaira. La pièce était composé en tout et pour tout d'un lit en fer et d'une commode. Le sol était recouvert d'un tapis miteux et troué où traînait de ça de là quelques petites souris qui s'échappaient aussitôt. La tapisserie autrefois fleurie de bourgeon bleue tombait en lambeaux laissant apercevoir des murs jaunâtre. Jenny s'agenouilla difficilement devant la fillette te lui dit :
« je sais ... ce n'est pas le grand confort mais toutes les deux ont arrangera ça. Si tu as peur ma chambre est juste à côté.
La jeune fille releva la tête et de son regard vert fusilla Jenny :
_Peur ?Qu'est ce que la peur ? »
Elle s'avança, se coucha en chien de fusil sur le lit et ne bougea plus.
Jenny referma la porte et descendit. Randall était sur le canapé, regardant la télé... qu'il éteignit vite en voyant l'expression de Jenny.
« que se passe t'il ?lui demanda t'il en l'aidant à s'asseoir.
Jenny lui expliqua l'attitude de l'enfant et les sensations qu'elle avait ressenti lorsquela petite fille l'avait fusillé du regard : un grand froid comme si la mort était venu lui chuchotait à l'oreille...elle en frissonnait encore. Randall lui n'avait retenu que le côté positif, à savoir que la fillette avait parlé. Il était soulagé, son cerveau n'avait pas été touché. Le lendemain, alors qu'il préparait son café, il vit la fillette descendre lentement les escaliers, les yeux dans le vague. Elle ressemblait tant à un spectre avec sa peau de craie, ses cheveux noir corbeau qui accentuait sa pâleur et la brume de ses yeux, que Randall sursauta. Elle s'arrêta devant lui. Celui ci se gratta la gorge pour faire passer son trouble puis lui demanda d'une voix dont il essayait de cacher le tremblement :
« tu vas mieux, j'ai l'impression !Au faites, une question qui me trottedans la tête : sais tu ton nom ?
La petite file le regarda une seconde d'un air incertain puis lui repondit d'une voix plus grave que l'ordinaire :
_Mon nom ?je n'ai pas de nom et l'on m'en a donné des millions. Choisi celui que tu voudras, ça ne change pas ce que je suis. »
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 12:28

Agonie (poème écrit en 2de)

Agonie (poème écrit en 2de)
La consigne était de fair eun poème dans le style romantique.

Agonie


Le soleil se couche comme s'éteint ma vie,

La marée éternelle s'enfuyant sous mes pas

La mer se retire, mes sens sont endormis

Aujourd'hui rien ne va


Vague aux reflux sans fin, témoin de ma souffrance

Car j'ai déjà quinze ans, et je perds tout mon sang

Ce monde n'a plus d'attrait, je veux ma délivrance

Arrête-moi le temps !


L'âme n'est que folie et mon c½ur plaie béante,

Vie, comme une bougie, je souffle ta flamme

Ô vague sois témoin, du malheur qui me hante

Deviens pour moi la lame.


L'amour et le bonheur, éternels étrangers

De mon c½ur solitaire, déserté à jamais

Lancinante douleur en mon c½ur affligé

Qui jamais ne se tait.


Vague, sois ma mémoire, grave sur ton écume

Mon funeste destin, inexorable lutte.

Je hais cette bougie, qui sans fin se consume

Voici venue ma chute !
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 12:27

Mon Amie (poème écrit en 5eme)

Mon Amie

Je me souviens encore du goût du chocolat,
Qui quand sonnait quatre heures, s'étalait sur nos doigts.
Je me souviens de tout, des promenades dans les bois,
Des bleus sur mes genoux, de la cabane en bois.

J'ai encore à l'esprit tous nos éclats de rire,
Nous étions deux amies sur la même longueur d'onde,
Et nous passions des heures à rêver d'autres mondes,
Nous étions deux âmes s½urs qui rêvaient d'être libre.

Pourtant tu es partie, comme la feuille d'automne,
Mon soleil s'est enfui, me laissant seule dans l'ombre.
Les années ont passé, je n'en tiens plus le nombre,
Les liens se sont cassés et je ne m'en étonne.

Qui es- tu aujourd'hui, je ne te connais plus,
Nous avons bien grandi et j'ai changé d'école.
Mes rêves se sont enfuis, je suis seule dans ma geôle,
Le temps a tout détruit et tu m'es inconnue.

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# Posté le mercredi 23 avril 2008 12:26

Anciens textes de collège et de lycée

Tiens, j'ai envie de mettre d'anciens textes et poèmes que j'ai rédigé. COmme ça, si mo nordi recrame un jour, je les conserverais à l'abri.


Poème écrit en 5eme.


Histoire de vies



Aujourd'hui, comme à chaque aube,
nous enfilons nos frêles vêtements,
de courts pantalons ou de simples robes
Qui ne nous couvrent que faiblement.
Pieds nus sur les sentiers,
Nous marchons jour après jour.
Nos pieds sont devenus plaies,
Nos c½urs sont devenus sourds.
Nous travaillons journée après journée,
pour ne gagner qu'une bouchée de pain,
qui sera si rapidement épuisée,
Que nos estomacs crieront « j'ai faim.
Nous cheminons la peur au ventre,
aux prises du vol et de la prostitution,
petites choses inconscientes,
Que l'on bouge à sa disposition.
Nos yeux se ternissent,
nos visages s'éteignent,
Nos c½urs se vieillissent sous le poids de la peine.
A la mine ou à l'usine,
Nous durcissons nos mains.
Ce travail est une épine plantée dans notre destin.
Nous, anges qu'un dieu
envoya sur la Terre,
bien plus clément sont les cieux,
Qu'ici bas la misère.
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 12:26

Idée de roman: Ophélia

Idée de roman: Ophélia
Ophelia

Chapitre 1 : Une sombre histoire

Je me suis toujours sentie l'âme d'une Ophelia. Couchée sur les eaux, attendant ma mort prochaine, je vois et sais tout. Le passé, le présent, l'avenir....Plus rien n'a de secret pour moi. Je suis une Ophelia en suspension, à mi-chemin entre la vie et la mort, à mi-chemin entre le passé et l'avenir. Immortelle Ophelia...
La brèche a toujours été là, si proche...La fêlure de mon c½ur semble s'être élargie avec les années et aujourd'hui, puisque je regarde les choses en face, je me souviens et je tremble.

Depuis toute petite, cette image me poursuit : Je suis au bord du précipice. A mes pieds s'étend la falaise, si haute, si dangereuse, si glaçante. Je sens le vent qui me secoue, me fait balancer d'avant en arrière. Le vertige me saisit mais je dois m'accrocher, surtout ne pas lâcher, surtout ne pas abandonner car la chute sera infinie. Quelques fois, des cailloux roulent sous mes pieds et je les aperçois qui rejoignent le vide, comme si la terre me faisait faux-bond, trahissant mon dernier refuge pour me livrer au chaos. L'équilibre semble si précaire et parfois le vide me tente. Je sens monter en moi ce délicieux frisson qui naît au creux de mes reins et se propage dans toute ma colonne vertébrale, l'ivresse me saisit et je me vois faire le grand saut.
Etait-ce que ressentait Ophelia, quand penchée au dessus de l'onde pour accrocher ses guirlandes fleuries, elle entendit la branche craquer ? S'était-elle penchée un peu trop loin, émerveillée par les reflets de cette eau mortelle ?
Enfin, revenons-en à l'état précédent, aux causes qui ont poussé Ophelia à se courber sur cette branche et à glisser dans l'onde glaciale.
Qui a été mon Hamlet ? Le fauteur de mes troubles ? L'élément déclencheur de ma folie ?
Quel a été mon Apocalypse, l'élément qui a levé le voile et m'a fait voir le monde tel qu'il était, sans faux-semblants ?
Tout cela s'est passé, il y a tellement longtemps. Les évènements ont des ramifications toujours tellement plus profondes qu'on ne le pense, les liens sont multiples et surprenants.
Quelque chose avait eu lieu. Dans les plus anciens mythes et les chants populaires, l'on raconte qu'un évènement horrible était arrivé à la princesse, une chose dont on ne devait pas parler. On la cloîtra alors dans sa tour et l'on bâtit de hauts murs pour s'assurer qu'elle ne sorte pas. Que voulait-on réellement? La protéger du monde extérieur et des monstres qui le parcouraient ou alors protéger le monde de la princesse ?
Les années passèrent, solitaires. Les jours n'avaient aucun goût, les heures aucunes saveurs. Chaque moment était identique au précédent. Bientôt le temps n'eut plus d'importance. La princesse errante, telle l'infortunée Didon, devint une légende en son propre pays. Tous l'avait chassé de leur mémoire, jusqu'à oublier son nom : Ophélia.
Un jour, les murs tombèrent. Tellement de temps s'était écoulé. On ne se souvenait même plus de la raison, des causes qui avaient poussé les gens de l'époque à bâtir si haute tour.
La Princesse en sortit alors. Etait-elle libre ? Non, car les murs étaient toujours présents dans sa tête. Elle les voyait, les ressentaient comme s'ils faisaient partis d'elle-même. La princesse s'était elle aussi oubliée. Elle se fondit dans la masse, entra dans le monde et, puisqu'elle ne se souvenait pas de son nom, on lui en donna un nouveau : Ophélie. La princesse eut une deuxième vie.
Elle recommença à zéro, eut de nouveaux parents, de nouvelles joies et tristesses. Elle grandit, expérimenta sa vie comme si elle la vivait pour la première fois. Pourtant, derrière chacune de ses paroles, derrière chacun de ses sourires, se cachait son histoire, ce secret qu'on ne pouvait jamais véritablement oublier.
Quelle devait être la suite de l'histoire ? Notre si belle princesse oubliée devait-elle vivre sa nouvelle vie jusqu'au bout et enterrer son secret pour le plus grand bien de tous ou l'immonde vérité, rampante comme le plus obscur des monstres, devait-elle réapparaître en pleine lumière et cracher son venin mortel sur le monde ?
Il semble bien que le mensonge ne puisse faire illusion si longtemps. Ophélie sentait en son sein remonter les eaux fétides de son passé. Elle ne comprenait pas quelles étaient les causes de ses mouvements intérieurs et d'où ces voix, qui murmuraient à son oreille la nuit, pouvaient bien venir, mais elle sentait approcher le moment de vérité.
Elle tenta de fuir tout d'abord, loin d'elle-même, loin de sa vie. Mais rien n'y fit. Au plus profond de la nuit, elle se réveillait en sursaut pour entendre ses chants plaintifs.
Ô poète maudit, toi Orphée avec ta lyreenchantée, jamais tes plaintes pour la douce Eurydice n'ont égalé en désespoir les chants d'Ophélie. Nuits après nuits, les cris se font plus pressants, remontant de profondeurs inconnues. Le marécage et ses eaux nauséabondes si longtemps assoupis semblent à nouveau emplis de vie. Toute la vie putride des marais s'agite dans l'attente du retour de leur maître. Il espère à nouveau connaître la lumière, quitter ce lieu banni où ils ont été reclus et reprendre le contrôle. L'heure est venue, la vérité sera faite sur toute chose et les secrets immémoriaux seront révélés.
Ainsi Ophélie s'interroge et ne peut plus longtemps rester muette. Mais les gens qui l'entourent ne lui sont d'aucuns secours. Tous abandonnent les uns après les autres et se détournent. Possède t'elle en son sein une froideur mortelle dont l'éclat effraierait les vivants ? Ophélie sent qu'elle est différente. En son âme, se dispute un combat acharné entre sa part de lumière et sa part de ténèbres. Elle n'en connaît pas l'issue mais la noirceur de ses ténèbres lui fait parfois si peur qu'elle est effrayée à l'idée qu'un jour cette obscurité puisse s'échapper d'elle et envahir le monde. Elle part en lambeaux petit à petit. Le puzzle de sa vie se défait. Elle ne fait plus partie de leur monde et sa clairvoyance balbutiante passe pour de la folie aux yeux des ignorants. Le silence se fait autour d'Ophélie, elle est seule à nouveau. Comme au commencement.


How I should I your true love know, From another one? By his cockle bat and' staff, And his sandal shoon. He is dead and gone, lady, He is dead and gone; At his head a grass green turf, At his heels a stone. White his shroud as the mountain snow, Larded all with sweet flowers; which bewept to the grave did go With true-love showers.

And will he not come again?
And will he not come again?
No, no, he is dead,
Go to thy death-bed,
He never will come again.

His beard was as white as snow,
All flaxen was his poll;
He is gone, he is gone,
And we cast away moan:
God ha' mercy on his soul!

And of all christian souls, I pray God.—God b' wi'ye.

# Posté le samedi 29 mars 2008 06:29

Modifié le samedi 29 mars 2008 08:20